Exposition de peinture à l’IDHEAP

Du 18 novembre au 22 décembre 2004, j’ai eu la chance d’exposer mes tableaux dans les locaux de l’Institut de hautes études en administration publique (IDHEAP) à Chavannes-près-Renens dans l’agglomération de Lausanne. C’était la deuxième présentation publique de mon travail artistique après une première exposition tenue en 1986 au Centre culturel communal de Windsor, en Angleterre, suivie d’une longue interruption de mon activité artistique.

Titulaire du master en administration publique de l’IDHEAP,  j’ai suivi une multitude de cours dans cette institution ; en outre, je suis membre de l’Association des diplômés de l’IDHEAP. Au fil des ans, j’ai établi une relation de confiance avec de nombreuses personnes travaillant à l’institut. Le professeur Jean-Loup Châpelet, directeur, m’a donc proposé d’y exposer mes travaux de peinture lorsque je lui ai envoyé mon dossier.

L’exposition a nécessité un intense travail de préparation : j’ai notamment envoyé 800 invitations au vernissage. J’ai également dû encadrer 13 tableaux destinés à l’exposition et monter sur une plaque de pavatex 25 petits tableaux faisant partie d’un ensemble. Le transport fort stimulant en camionnette louée n’a été qu’une petite partie du travail. Du côté de l’IDHEAP, c’est Madame Myriam Scherer, secrétaire aux études, qui m’a secondée avec un grand engagement.

Le jour J – le vernissage – est arrivé le 17 novembre. J’ai été très touchée par l’accueil chaleureux que m’ont réservé les IDHEAPiens, mes anciens professeurs ou leurs assistants, pour ne citer qu’eux. De mon côté, j’ai été heureuse de recevoir les amis et collègues qui m’ont fait honneur de venir voir mes peintures.

Petit scandale

Un tableau n’est pas passé inaperçu, Hommage à Heiner Müller, une toile assez forte, en noir, rouge et blanc, permutant têtes de mort, kalachnikovs, masques tragiques et comiques. La légende (citation de Heiner Müller, dramaturge allemand) couronne pour ainsi dire le tout : «Die Revolution ist die Maske des Todes, der Tod ist die Maske der Revolution» («La révolution est le masque de la mort, la mort est le masque de la révolution»). J’ai conçu ce tableau sans penser à la provocation, mais en réfléchissant à l’histoire des pays bouleversés par la révolution comme la Pologne, ma patrie. La citation de Heiner Müller, tirée de la pièce Le Contrat, m’a travaillée pendant des années avant que je trouve une idée picturale pertinente. Les têtes de mort, une constante dans mon travail, se réfèrent au motif de la Vanitas, prisé notamment dans la peinture baroque (la «nature morte», genre devenu banal, en fait partie). La kalachnikov, arme emblématique, ne pouvait manquer dans une pièce faisant allusion, non sans intention critique, à la révolution. Quant aux masques, ils renvoient au théâtre et à son histoire (l'original est un authentique masque carthaginois).

Cependant, le tableau a provoqué une assez violente réaction de rejet. Un professeur a refusé d’enseigner en sa présence. La peinture a donc été déplacée, par décision salomonienne, à un endroit plus neutre et moins exposé. J’ai regretté seulement de ne pas avoir été mise au courant : à ma grande surprise, j’ai découvert le pot aux roses en accompagnant des amis à l’exposition. Vive la communication!